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Kim Phuc.
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C’est une photo qui montre une débandade. Plein axe, une route, figure du destin, s’enfonce dans un back – round sombre et ténébreux.
Sur la route, disposés en diagonale, défilent des personnages qui ne s’éloignent pas vers l’infini mais à contrario ils viennent vers nous, désabusés, hurlant.
Le cliché a saisi le cri d’enfants.
Autour d’eux, des soldats portant l’uniforme des G.I., têtes baissées.
Ils semblent mener ces petits prisonniers aux visages déformés par la terreur.
La petite fille, au centre de l’image, au milieu de la route, est nue.
Elle s’appelle Kim Phuc.
Les soldats, en vérité, fuient eux – aussi l’enfer qui se dessine derrière eux.
Ce 8 Juin 1972, l’armée américaine avait fait ce que l’on nomme par euphémisme une « bavure », un « acte de barbarie guerrière » faudrait – il dire plus justement.
L’armée américaine avait bombardé ce jour – là le village de Trang Bang et produit un big bang digne de l’apocalypse.
Dans ce village vietnamien s’étaient réfugiés auprès des G.I. des familles martyrisées par cette ignoble chose : la guerre.
Les G.I. napalmisés par leur propre armée, l’horreur de ces enfants courant éperdument, cette nudité tragique, déplacée, incongrue, violente, insupportable, donne à cette photo une force pénétrante.
Pour accompagner cette force, une seule musique, le « Lacrimosa » du Requiem de Mozart…
Kim Phuc a depuis beaucoup témoigné et je vous recommande vivement l’excellent article d’Annick Cojean (« Le Monde » 18.06.12.). Qu’est – ce – qu’ils crient ?
La silencieuse photo ne nous le dit pas. « Trop chaud ! »… « Trop chaud ! » se rappelle Kim Phuc…
Moi j’avais entendu : « Quelle connerie la guerre ! »






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