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Basquiat
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Né en1960,il aurait eu 51ans cette année. Il reste dans notre mémoire le jeune homme révolté à la vie sulfureuse dont la mort tragique presque programmée,à l’âge de 27ans,par overdose,s’inscrit dans la droite ligne d’un destin exceptionnel.
Le catalogue édité par« les musées de la Ville de Paris »(diffuseur Actes Sud ,distributeur U-D)à l’occasion de l’exposition que lui a consacré le Musée d’Art Moderne de Paris du 15 Octobre 2010 au 31 Janvier 2011 nous donne quelques clefs pour tenter de saisir l’insaisissable. Il est en cela remarquable.
L’exposition a été conçue par la fondation Beyeler en collaboration avec le MAM de Paris,elle n’a été possible que par le concours et le soutien des différents collectionneurs particuliers ou institutionnels Comment ce garçon de 17ans,qui commença à sévir dans la rue sous le nom de SAMO en inondant de tags et graffitis d’une écriture nouvelle, philosophique dont la poésie rageuse s’étale publiquement sur les murs de New-York(New-York,l’inspiratrice urbaine,cosmopolite,trépidante,déjantée),comment ce garçon, donc,devint une icône du monde des Arts,reconnue par ses pairs,adulée ou conspuée avec la même ferveur,par un public dérouté,subjugué,souvent largué,cela à travers un parcours éclair d’une intensité qui défie la raison.
Différents témoignages de gens qui l’ont côtoyés tel Glenn o’Brien,de recherches sur son œuvre et son personnage,signées J.Jacques Schuhl,Dieter Buchhart,ou Robert Storr,un entretien avec Becky Jhonston et Tamra Davis,un essai sur son lien et ses souvenirs avec la France de M.S.Carron de la Carrière,tout ce travail inspiré documente et donne un relief particulier à ce catalogue et concourt,bien au-delà du mythe ,à nous faire entrer dans l’univers de Basquiat,figure emblématique de l’Art dans cette fin du 20éme siècle dont l’œuvre s’inscrit, monumentale,dans le nouveau millénaire
Une belle documentation avec des photographies en noir et blanc qui nous éclairent sur l’ambiance du New-York des années 80 dans le milieu branché,à la marge de la culture dominante. Il y a des portraits de Basquiat ,lumineux,qui crèvent l’objectif et le charme opère,évident.
De très belles planches des œuvres qui en les compulsant,en les étudiant de plus prés se révèlent familières,d’une touchante humanité,laissant sourdre une vérité première,oubliée.
A regarder de plus près,s’exerce la fascination. Il ne s’agit plus de talent mais de génie. L’oeuvre se confond avec son auteur:une beauté ,désarmante,qui irradie avec une troublante noblesse,une lucidité naïve,l’insolente séduction de la jeunesse ,sa gravité. Une posture irrévérencieuse naturelle,(il ne s’agit pas ici de provocations intellectuelles),qui clame que quelque chose d’irréversible se matérialise au bout du pinceau,quelque chose qui dérange l’esprit , provoque le corps, jaillit de la toile :.L’homme travaille sans relâche jusqu’à la mort pour livrer sa géniale vision. Nous ne pouvons plus fermer les yeux.
Son œuvre est pétrie d’un mélange de textes,d’images,de symboles,d’inscriptions ,de sonorités de jazz,de scènes de l’histoire américaine,de billets de banque,de personnages de bandes dessinées et de références à l’Histoire de l’Art. Sa passion pour la compilation présage des révolutions qu’ Internet suscite aujourd’hui.
L’affluence de ses perceptions,observations,captations venant de tous bords renvoie au primitivisme,source d’inspiration pour certains artistes du début du 20éme siècle,tel Picasso ,qui allaient au-delà des frontières à la recherches de sources formelles.
Ses origines haïtiennes et porto-ricaines,son vécu d’enfant d’immigrés sont sans conteste des éléments importants qui permettent une approche pertinente de son œuvre mais il y a quelque chose de plus,qui va plus loin:nous sommes seulement dans les années 80,il y a cependant,dans son œuvre ,comme une prémonition de frontières qui se déplacent,de mondes qui se superposent,quelque chose de déstructuré,de déstructurant qui annonce une profusion de possibles
Les sources iconographiques sont multiples,témoignent sans-doute de la curiosité insatiable de l’autodidacte. Entre hip-hop,peinture néoexpressioniste,pop art et art conceptuel,Basquiat fait coexister des cultures antagonistes. On ne peut que souligner sa dimension performative. A l’éclectisme des sources fait écho la richesse et la variétés des formes. Chaque technique implique une gestualité. aussi précise qu’en perpétuelle recherche Rien n’arrête sa prodigieuse inspiration,son désir de déhierarchiser les vieilles formules,de faire tomber les barrières.
Pour ne pas se perdre dans cette multiplicité,l’artiste a trouvé une formule magique,garante de sa présence au monde,des signes récurrents ,sa marque:la couronne,le sceau et le copyright que l’on retrouve à l’intérieur de ses créations .
Quelque chose de l’enfance,la gravité de ses jeux,à la vie à .la mort,pour de vrai







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